L’appel anonyme de l’histoire

Les hommes font-ils l’histoire ou est-ce alors l’inverse ? Essayons d’imaginer le destin d’un Napoléon Bonaparte sans l’abolition de l’ancien régime. Ou encore la carrière d’un Charles sans l’apostrophe historique que représente la Seconde Guerre mondiale. Exercice difficile, voire impossible. Seul le génie littéraire d’un Tolstoï peut avoir la prétention d’esquisser le début d’une réponse.

Cette question est posée à un homme de manière pressante et insistante par notre calendrier électoral. En effet, Valeurs actuelles nous apprend cette semaine qu’Eric Zemmour, essayiste et intellectuelle dont le seul nom cristallise tous les espoirs à droite et toutes les haines à gauche, consulte son entourage pour tenter d’y répondre.

Depuis le succès en 2014 de son livre « le Suicide francais » le rayonnement intellectuel de Zemmour et avec lui son influence auprès de lecteurs, téléspectateurs et électeurs de droite ne cesse d’augmenter. Si j’avais un affront à lui faire, je dirais qu’il est comme une de ses actions GAFA, Tesla au hasard, dont la valeur boursière ne cesse d’augmenter. Au détriment des « acteurs historiques ».

Le hasard faisant bien les choses, je continuerai ma métaphore en comparant Zemmour à un moteur. Il est telle une pièce d’ingénierie politique qui ne trouve sa place dans aucun des châssis connus. Parfois convoité, souvent invité1, sa pression cylindrique dont le la à la droite qui cherche en lui un appel d’air idéologique.

Malheureusement pour elle, il reste d’un point de vue des idées largement en tête par la franchise de ses opinions (souvent tranchées) et par leurs justesses. Mais reste que le rôle d’un intellectuel aussi brillant soit il n’est pas celui d’un politique.

Cette imperméabilité des rôles, Zemmour ne le connait que trop bien. Rares sont les intellectuels qui ont brillé par leurs députations. Aussi brillants que pouvaient être un Victor Hugo ou un Alexis de Tocqueville, leurs passages sur les bancs de l’Assemblée nationale ne marquèrent pas les esprits de leur temps et encore moins de ceux de leurs successeurs. Si seuls les immortels ont vocation à laisser une empreinte à l’Académie française, celle des députés reste aussi éphémère que les gros titres d’un quotidien.

Si nous élargissons la question, on peut affirmer sans trop de risques qu’un économiste, prix Nobel fusse-t-il, n’obtiendrait pas forcément de meilleurs résultats que Bruno Lemaire. De la même manière, un entraineur d’une équipe nationale ne serait pas forcément un ministre des sports dont les réformes scintilleraient le plus. Et il est encore moins évident qu’un ténor du barreau ferait un garde des Sceaux remarquable.

Reste que la question reste ouverte. Mais à cette question théorique s’ajoute celle qui est métaphysique. Le temps.

La France (comme Eric Zemmour 62 ans) voit celui-ci s’accélérer.

Les crises successives connues en France (et plus largement en Occident) depuis les années 2000 donnent une tonalité tragique au tempo qui sera le nôtre dans les années à venir. Les attentats connus sur notre sol, le désamour de nos concitoyens pour les urnes, la crise des gilets jaunes ou encore pour élargir le champ le retour sur la scène internationale (Russie, Turquie, Chine) d’anciennes puissances, la crise du Covid-19, nous font craindre que l’avenir qui se prépare se fasse au détriment de la paix.

Si le creux de la vague civilisationnel se fait de plus en plus ressentir, reste que le moment où l’on devra resaisir la barre n’est peut-être pas encore arrivé. Les soubresauts que nous subissons ne sont sûrement rien à ceux qui nous attendent.

Si une chose dont Zemmour comme les Français peut être certain, c’est que le point de non-retour n’est pas encore atteint. L’état de déliquescence dans lequel nous sommes plongés depuis les années 80 n’a pas encore donné tous ses effets. Les conditions à mon avis ne sont pas toutes réunies pour qu’un homme, un intellectuel de la sorte jaillisse des pages d’histoire pour redonner à la France non pas sa gloire, mais sa dignité.

Reste que la question n’appartient qu’à un homme.

Mais je ne peux cesser de me demander qu’aurait été la carrière de Zemmour si ce dernier avait réussi son entrée à l’ENA ? Sûrement, celle d’un haut fonctionnaire anonyme en lutte avec soi même pour résister au temps présent.

L’histoire semble donc déjà lui avoir donné des signes.

Attendons 2022 pour connaitre la fin de cette histoire-là.

Antoine Laroche

1https://www.breizh-info.com/2019/09/30/127941/eric-zemmour-son-discours-integral-lors-de-la-convention-de-la-droite-video/

12 Replies to “L’appel anonyme de l’histoire“

  1. My own hair is relatively short, not the shape of my shoulders. With this hair clip, long hair and short hair are naturally switched, and I feel that the hair volume is sufficient ?

  2. I have been exploring for a bit for any high-quality articles or blog posts in this kind of space . Exploring in Yahoo I finally stumbled upon this website. Reading this info So i am glad to express that I’ve an incredibly excellent uncanny feeling I came upon just what I needed. I such a lot undoubtedly will make certain to don’t fail to remember this site and give it a glance on a relentless basis.

Comments are closed.